Edito

Saison 2019-2020 Une saison toute en douceur, en mises en perspective et en enthousiasmes…

Quoi de plus réjouissant que de faire entrer dans nos cœurs ces moments de théâtre intimes et essentiels qui vont nous accompagner longtemps et rendre nos vies plus claires et plus précieuses !

Après Edmond d’Alexis Michalik, avec Le cercle des illusionnistes, c’est toute la mythologie d’un Paris perdu et de la naissance du cinéma qui va nous faire vibrer comme dans un bon film d’action où le moteur principal reste une histoire d’amour.

Durant les Plaidoiries de l’avocat Richard Berry, notre humanité sera questionnée et nos convictions renversées grâce à ce splendide moment de théâtre en écho avec une société qui s’interroge…

Puissant, tout comme Le lien entre mère et fils, si tendu, si ténu… Ce lien qui unit une mère et son fils est-il indéfectible ? C’est lui qui réunit tout autant qu’il oppose deux grands acteurs, formidables de vérité et d’humour. Pierre Palmade quitte la peau de l’humoriste et se confronte à un rôle complexe et subtil ; Catherine Hiegel, après sa mise en scène du Bourgeois gentilhomme, revient au Cado pour interpréter une mère drôle et poignante.
De grands éclats à l’intimité, en voilà du théâtre !

De l’intensité et de la passion, il y en aura aussi dans Mademoiselle Julie, chef d’œuvre d’August Strindberg et prochaine création du CADO. Ce personnage complexe, pétri de contradictions et sans repères stables, est un joyau fascinant du théâtre auquel Sarah Biasini prêtera sa grande sensibilité et sa modernité.

Et pour piocher plus encore dans notre complexe richesse intérieure, nous irons découvrir d’autres vies, des vies rêvées comme celle d’Helen (La vie rêvée d’Helen Cox – CADO Plus) qui nous entraînera dans sa quête fantasmatique et si drôle de l’homme idéal, ou celles de Swann (Les vies de Swann – CADO Plus), ce personnage fantasque et rebelle refusant d’entrer dans le moule de la vie et se battant pour une vision poétique de son existence future.

Souvenons-nous, «si le théâtre oublie le monde, le monde oubliera le théâtre», comme l’a dit Bertold Brecht. Une belle saison pour lutter contre l’oubli…

Christophe Lidon